
J’ai écouté, j’ai discuté, j’ai échangé avec des femmes, des hommes, des jeunes et des anciens. Et au fil des regards, des silences et des cris de détresse, une conviction s’est enracinée en moi : la Palestine doit être un peuple libre, souverain, reconnu dans sa dignité et dans ses droits les plus fondamentaux.
Ce que vit le peuple palestinien n’est pas une tragédie abstraite. C’est une blessure ouverte. C’est un cri étouffé sous les ruines, c’est une enfance volée, c’est une mère qui pleure son fils tué, c’est un vieil homme qui regarde sa terre lui être arrachée, centimètre par centimètre. Ce n’est pas un simple conflit, c’est une injustice historique qui dure depuis trop longtemps.
Le gouvernement israélien, dans sa forme actuelle, mène une politique que je considère raciste, brutale, colonialiste. Ce gouvernement doit cesser ses attaques. Il doit rendre des comptes. Il doit restituer aux Palestiniens leur droit à la terre, à la paix, à l’existence. On ne construit pas la sécurité sur l'humiliation d’un peuple. On ne construit pas un État sur les cendres de la liberté des autres.
Quand j’étais plus jeune, j’ai élevé la voix contre l’apartheid en Afrique du Sud. J’ai marché, dénoncé, résisté à la ségrégation raciale aux États-Unis. Ce que je vois aujourd’hui réveille en moi cette même colère, cette même exigence de justice. Et je ne peux rester silencieux face à l’oppression.
Mais que cela soit clair : je ne parle pas du peuple israélien. Car je crois, profondément, que le peuple d’Israël, dans sa majorité silencieuse, aspire à vivre en paix. Je crois en ces mères israéliennes qui, comme les mères palestiniennes, ne veulent plus enterrer leurs enfants. Je crois aux pacifistes, aux militants des deux rives, qui tendent la main malgré la peur, malgré la haine.
Mais ces voix sont aujourd’hui noyées sous les bombes et les discours belliqueux. Il est temps que l’Europe, que le monde, tape du poing sur la table. Il est temps de dire : assez. Il est temps de se lever pour que la paix ne soit pas un vœu pieux, mais une volonté politique.
Car ce conflit déborde. Il s’infiltre dans nos rues, dans nos écoles, dans nos cœurs. Il fracture nos sociétés. Il alimente les extrêmes. Il transforme la religion en arme, dans les deux camps, alors que la foi devrait rassembler, jamais diviser.
Je le dis avec force : la paix ne viendra pas d’en haut. Elle ne viendra pas des gouvernements qui calculent, qui manœuvrent, qui instrumentalisent. La paix viendra du peuple, avec le peuple. Des peuples. De ces femmes et ces hommes qui, malgré les larmes, continuent de croire qu’un autre futur est possible.
Et ce futur, c’est à nous de le construire, ensemble, debout.