On ne se définit pas démocrate en empêchant d’autres citoyens de faire ce qu’ils souhaitent vouloir faire. La démocratie ne peut être valable qu’à partir du moment où elle ne gène pas la liberté d’autrui.
Voici ce que certains appellent : être responsables et démocrates. En Seine Saint Denis et dans le Val d’Oise (pour ce que je connais), les lycéens non grévistes très largement supérieurs aux grévistes se font actuellement insulter, bousculer et menacer parce qu’ils veulent tout simplement continuer leurs cours.
Des étudiants, dans certaines universités, se font insulter, bousculer et parfois molester parce qu’ils veulent continuer tout simplement leurs cours. Ils n’ont tout simplement pas le droit de ne pas se sentir concernés par la reforme de la retraite. Je veux bien croire qu’il y ait des jeunes qui peuvent se sentir concernés par cette réforme en voyant leurs parents ou leurs grands parents victimes d’une petite retraite mais déjà l’amalgame est fait. Bien sur, que ces jeunes ont un « cerveau » et sont aptes à avoir une pensée sur l’injustice de cette réforme. Je veux bien croire que cette reforme puisse choquer en sachant que leurs parents déjà fatigués devront encore travailler 1 ou 2 années supplémentaires.
Mais je ne veux pas croire qu’il faille forcer d’autres élèves qui ne se sentent pas concernés à ne pas travailler. Je ne veux pas croire qu’il faille insulter, bousculer et menacer des élèves voulant continuer leurs cours. J’entends, ici et là, qu’il ne faut pas dire que les jeunes sont inconscients et qu’ils ne comprennent rien à la retraite. Alors que les élèves qui ne se sentent pas concernés par cette retraite et qui veulent travailler sont, des profonds débiles et inconscients car ils ne comprennent rien à cette réforme. On doit alors leur imposer une volonté collective afin qu’ils comprennent que la réforme des retraites est mauvaise. Tout ceci pour dire que cette attitude est léniniste « il faut imposer sa raison par la force afin d’éduquer les autres ». Ce sont des méthodes d’outre temps mais encore utilisées par certains groupuscules extrémistes et voir aussi non extrémistes.
Tous les moyens sont bons, nous voyons des blocages physiques fleurir dans les lycées mais l’arme la plus redoutable pour faire céder les non grévistes et les faire participer en plus aux manifestations est le rejet du groupe. Beaucoup de jeunes sont dans ces manifestations par peur du rejet du groupe. « Ne pas être catalogué de bouffons par le groupe et être exclus ».
Et ces fameux « profs» qui ont pour certains d’entre eux oubliés de grandir, car ils ressemblent trait pour trait à leurs élèves dans la façon de parler et de se vêtir, vont perdre en crédibilité et en efficacité. Car un jour ces mêmes professeurs rentreront en conflits avec ces mêmes élèves et ils vont devoir vite comprendre dans quel camp ils se situent et, redeviendront des professeurs afin de les « saquer ». Oui ils saqueront ces mêmes élèves qui étaient, il ya quelques mois, géniaux de part leurs actions via la reforme des retraites.
Le blocage des lycées se fait devant certains professeurs qui les poussent à aller plus loin dans l’action. Quand des élèves se font insulter certains de ces professeurs font mine de n’avoir rien vu et voir même rigolent.
Est ce vraiment leurs rôles, nous confions nos enfants à priori à des « grandes » personnes responsables, des gens qui doivent amener une éducation scolaire, de vie et de respect.
Le respect d’autrui doit être une arme contre la pensée unique mais aussi un pilier de notre démocratie. Le fait que ces professeurs ne réagissent pas car, eux même syndiqués ou plus ou moins politisés, me scandalisent littéralement.
Tous les responsables politiques de droite comme de gauche ou syndicats savent que la jeunesse d’aujourd’hui est mal dans sa peau, et a peur de l’avenir. Ce malaise se traduit pendant les années scolaires par des agressions, des expulsions, des notes catastrophiques, mais surtout la certitude que l’école n’est plus pour eux un lien d’insertion social. Actuellement ils constatent tous qu’avoir son bac avec plusieurs années d’études derrière n’est plus un levier pour leur trouver du travail.
De plus quand ils viennent de quartiers défavorisés, la difficulté est plus aggravante (noirs, arabes et blancs).La discrimination à l’embauche pour ces jeunes n’a jamais été aussi forte, et les perspectives de métiers enrichissant n’ont jamais été aussi faible.
L’école, le collège, et les lycées sont des piliers de notre société et nous connaissons l’importante influence de ces professeurs. On ne me fera pas croire et, preuve à l’appui, que les professeurs sont restés neutres dans ce mouvement des jeunes.
Les incidents qui ont lieu actuellement sont donc aussi de la responsabilité de ces professeurs, et quand j’entends le responsable de l’UNL qui veut nous faire croire qu’il organise leur propre service de sécurité et bien je lui demande de venir en seine saint Denis afin d’organiser la sécurité pour les non manifestants aussi.
Nous savons qu’il y a un vrai malaise dans l’éducation de nos enfants dans cette institution que l’on appelle : éducation nationale. Et que le gouvernement doit investir réellement pour sa jeunesse au lieu de dépouiller nos collèges, nos lycées de nos professeurs, nos surveillants. Nous savons que les moyens techniques afin de leur donner la meilleure éducation sont de plus en plus réduits en seine saint Denis mais aussi dans toute la France. J’ai comme l’impression que le corps professoral ne doit pas se servir de cette jeunesse afin de régler des comptes avec nos gouvernants. Notre jeunesse est l’avenir de notre société et nous devons la préparer ensemble dans ce monde de plus en plus dur, de plus en plus violent et de plus en plus individualiste.
Les notions de partage, d’entraide et de solidarité doivent redevenir pour le gouvernement des axes d’apprentissage pour cette jeunesse afin que l’argent ne soit plus une fin en soi .L’argent, une fin en soi, a bien été compris par notre jeunesse. Nous pouvons nous poser la question quels chemins vont-ils prendre pour atteindre cet objectif de l’argent à tout pris. Et bien nous le voyons déjà dans toutes nos villes et nos quartiers.
Le gouvernement doit entendre les citoyens en ce qui concerne la réforme des retraites car il y a encore des choses à faire évoluer. Cette reforme doit être supportée par toutes les catégories sociales professionnelles. La réforme des retraites est une obligation et les syndicats doivent être entendus peut être un peu plus longtemps. Nous savons tous que ce n’est pas une petite réforme car elle nous touche tous et touchera jusqu’à nos petits enfants. Je regrette que cette réforme n’ait pas été faite beaucoup plus tôt car beaucoup de nos experts avaient prédit cette catastrophe mais le courage de certains hommes politiques a été à la hauteur de leurs promesses c'est-à-dire NEANT.
Je ne suis pas Sarkosiste (et même si je l’avais été cela n’aurait pas été une honte), mais le gouvernement qui a eu le courage de prendre ce dossier en main avant que nous perdions définitivement notre système de répartition est bien celui-ci .Contrairement à certains des opposants d’aujourd’hui qui ont été aux affaires et n’ont rien fait afin de réformer cette retraite alors que les conditions étaient plus favorables pour cette réforme.
Pascal Kouppé de K Martin.